Franz Roth

Franz Franz Roth, 2017, Zum blauen Engel, Öl und Tempera auf Baumwolle, 120 x 100 cm
Du 06.10.2019
au 27.10.2019

peinture contemporaine

Il est peintre et conteur. Du point de vue de l’histoire de l’art, il s’est arrêté avant les impressionnistes. Même s’il connaît les turbulences esthétiques qui se sont produites jusqu’à la postmodernité et qu’il pourrait très bien en mettre en œuvre les résultats, cela ne l’intéresse pas. Il veut donner à voir des histoires. Il sait raconter une histoire sans autres moyens que son savoir, son imagination et son talent de plasticien et d’improvisateur. Ses œuvres sont d’ailleurs de véritables enthymèmes ; le spectateur en saisit d’emblée le sens général et en intègre les éléments à son propre imaginaire et à son propre univers affectif. Ce sont des condensés picturaux de récits débordants – condensés proches de ceux qui caractérisent l’argumentation persuasive et la forte mobilisation émotionnelle des langages publicitaires. Peut-être cela explique-t-il la puissante attraction qui s’exerce irrésistiblement sur le public à chaque exposition de Franz Roth.

Dès son plus jeune âge, Roth a toujours dessiné et peint, à la maison, sur la table de la cuisine, il n’y avait pas la télévision, le père était sévère, finesse et sensibilité venaient de la mère. Ça marque. Roth dessine ce qu’il voit et l’emballe dans des histoires en images, des récits inspirés de la vie – celle des hommes, celle du monde –, mais réélaborés par l’imagination. Désir et nostalgie, espoir et désespoir, tout le spectre allant du paradis à l’enfer, en passant par la fontaine de Jouvence, peut lui tomber sous le pinceau ou le crayon. Ses dons plastiques, sa psychomotricité singulière et sa virtuosité technique stupéfiante lui permettent de créer des séquences picturales proches du film. Il est aussi cinéaste. Il a acquis les bases à la Kunstgewerbeschule de Bienne et dans l’atelier de lithographie de Leo Acosta à Mexico, avec qui l’avait mis en contact une tante vivant sur place. Au total, il a passé 23 ans au Mexique, où il possède aujourd’hui une maison à Real de Cadorce, une petite localité de moins de 1000 habitants dans le désert, réputée pour son énergie spirituelle. Il a aussi vécu quelque temps à San Francisco, et deux ans dans le nord de l’Inde.

Il affirme n’être pas surréaliste – même si nous lui attribuerions volontiers des affinités avec certains des artistes de la somptueuse exposition que l’Aargauer Kunsthaus a consacrée au surréalisme en automne 2018. C’est l’humilité des créateurs surréalistes des années 1930 face à l’esprit rétrograde de l’époque qui a conduit l’art à s’ouvrir à la vie et au monde. Franz Roth s’inscrit dans une telle tradition. On ne retrouve toutefois pas chez lui la prétention, propre au surréalisme, de puiser directement dans l’inconscient. On n’y voit pas non plus de quelconques faces de Méduse. Ce qu’on y voit, c’est un dessin du monde, produit par un homme d’une grande intégrité, chaleur et absence de pathos, d’une grande bienveillance, qui ne veut ni nous faire la leçon, ni nous mettre en garde, mais nous consoler. Il y a bien peut-être, sur les bords, un peu de religion, un zeste d’Immaculée conception, l’aspiration à aider les gens, en les touchant par son œuvre, à endurer les peines de l’existence qui dépassent ce qu’ils peuvent comprendre et supporter. « Quand un chimiste suit le corbillard de son épouse, la chimie ne peut offrir aucune réponse à sa détresse » (Günther Anders, Kafka, pour et contre). Cet œuvre plein de grâce, d’émotion et de légèreté ludique, délesté du poids de la réalité, nourrit notre inspiration.


Beat Selz
(traduction: Léo Biétry)


Entrée gratuite
Age conseillé
Adultes
Date de fin
27.10.2019
De
Franz Roth
dim. 06 oct. 2019
15:30

Selz art contemporain

Clos du Tacon 18
2742 Perrefitte

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