Le jour où Apollinaire et Picasso ont été accusés d'avoir volé La Joconde

Expositions

Il fait noir... la chambre est froide et humide. Voilà 6 jours et tout autant de nuits que Pablo Picasso et Guillaume Apollinaire sont retenus prisonniers, soupçonnés d'avoir dérobé la plus célèbre des toiles. Mais comment les 2 artistes en sont arrivés là? Retour sur l'une des aventures les plus rocambolesques de l'historie de l'art...

Ils n'ont ni le dandysme d'un John Dillinger, ni la ténacité d'un Jesse James, encore moins la malice d'un Arsène Lupin. Pourtant, Picasso et Apollinaire se retrouvent claquemurés de force entre les parois lugubres de la Maison d'Arrêt Paris la Santé.

La raison? La Joconde de De Vinci a disparu du Salon Carré du Musée du Louvre, un matin ardent de 1911. Et les artistes s'avèrent être les principaux suspects.

Pour comprendre les chefs d'accusation qui s'élèvent sur eux comme une épée de Damoclès sur leur carrière professionnelle, il faut remonter le temps de 4 ans.

Et faire la connaissance de Géry Pieret. Un joueur de billard belge qui vit au fil de ses continues escroqueries. Sans ignorer son penchant pour la friponnerie, Apollinaire est séduit par le caractère intrigant de Géry. Il l'engage même comme secrétaire.

Ce dernier lui propose de racheter à moindre prix des statuettes phéniciennes sorties de son chapeau. Ce qui va se révéler plus tard être une véritable patate brûlante passe dans les mains d'Apollinaire.

Le poète français en revend au peintre catalan, avec qui il est très bon ami.

Ce qu'il faut savoir, c'est que le Louvre n'essuie pas uniquement la lourde disparition de La Joconde, mais la perte de plus de 300 objets d'art, dont les fameuses statues phéniciennes...

La piste policière remonte de suite au fameux Géry Pieret. Seul problème, il s'est fait la malle et personne ne sait où il se trouve.

Les deux artistes ont bien saisi dans quel pétrin ils se trouvent et cogitent toute une nuit avant de décider de présenter les statues au journal Le Petit Parisien. Ils sont arrêtés sur le champ...

Ils se retrouvent donc à la Maison d'Arrêt de Paris la Santé et y passent six longs jours, rythmés par la peur de ne plus retrouver leur liberté.

Après une enquête riche en interrogatoires, les deux suspects sont finalement relâchés.

Mais alors, qui a bien pu voler le tableau de De Vinci au nez et à la barbe des agents de sécurité?

Figurez-vous que la Mona Lisa a passé plus de 2 ans sous le lit d'un immigré italien, du nom de Vincenzo Peruggia. Ce dernier a même passé la frontière avec la toile sous le coude. 

Il s'est fait pincé lorsqu'il a tenté de la revendre à un collectionneur d'art florentin et sera par la suite incarcéré, non sans avoir enflammé le coeur d'une nation entière!

En effet, il va déclarer avoir voulu ramener le tableau en Italie, lieu de sa création et le rendre ainsi à son peuple. Cerise sur le gâteau pour une nation de romantiques: la muse du peintre florentin ressemblait à l'un des amours de jeunesse du brigant!

Vincenzo Peruggia ne passera que 7 mois en prison. Il faut croire qu'en ce monde, et peut-être encore plus dans l'art, la seule folie qui soit vraiment pardonnable soit celle de l'amour...

Créé le 06.07.2018 par Loris

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